Etude sur les sels de quinine (1872) Colin

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Les sels de quinine


 
 

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Cette page introduit une réédition numérique d'un ouvrage rédigé en 1872 par le docteur Léon Colin.

Il traite notamment des sels de quinine, plus précisément leur action physiologique et médicale.

Plan

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Introduction


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Il existe, pour l'appréciation du mode d'action de la quinine sur l'organisme malade, deux écoles entièrement distinctes dont le dis- sentiment est basé sur la différence des champs d'observation.

Les médecins qui pratiquent dans les pays où la fièvre est endé- mique, constatent chaque jour la toute-puissance de ce médica- ment, non-seulement contre les formes bénignes de l'affection, mais encore contre ses manifestations les plus redoutables, les accès pernicieux ; pour eux comme pour Torti, le quinquina con- stitue non-seulement labase de la médication, mais encore celle du diagnostic ; et c'est grâce à l'action certaine, exclusive de cet agent thérapeutique dans les maladies palustres, que tant de phé- nomènes morbides, différents par leurs types et par leurs formes, constituent en somme dans la nomenclature médicale, le groupe bien défini des fièvres à quinquina. Gomme nous l'avons établi ailleurs (1), malgré leurs apparences si diverses, ces manifestations de l'intoxication palustre peuvent être ramenées aux limites d'un cadre déterminé, consacré chaque jour par les faits recueillis dans les pays à fièvres, et qui ne doit pas admettre une série d'affections qu'ont voulu lui rapporter des auteurs dont les observations ont été, en général, recueillies en dehors des domaines d'endémicité de la fièvre intermittente. La valeur de la médication quinique est certainement ici, au point de vue thérapeutique et séméiotique, supérieure à celle du mercure dans la syphilis ; quand on voit combien diffèrent, dans leurs symptômes, les fièvres pernicieuses depuis la forme algide jusqu'à la forme délirante et comateuse, depuis les types les plus nettement périodiques jusqu'aux types les

(1) L. Colin, Traité des fièvres intermittentes.


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plus continus, on ne peut s'empêcher de reconnaître au quinquina, également souverain contre chacune de ces manifestations, une puissance d'action bien autrement radicale, essentielle, que celle du mercure contre le mal vénérien ; l'évolution de ce dernier mal est, en somme, bien plus régulière que cel! ede l'intoxication palustre ; et du reste, à un certain degré, il devient justiciable d'une médication tout autre que la médication hydrargyrique. Aussi, dans les ré- gions où règne la malaria, l'écorce du Pérou est-elle à bon droit considérée cornme 'e remède spécifique des fièvres causées par cette infection.

Dans les pays salubres au contraire, et plus spécialement dans nos climats tempérés où, des fièvres d'origine tellurique, il n'existe guère que les formes bénignes, on admet naturellement encore, par l'évidence des faits, l'action incontestable de la quinine contre ces mêmes affections ; mais, dans ces pays, n'apparaît point l'autre forme, la forme pernicieuse des manifeslatjpns palustres, et l'on a songé dès lois à essayer les merveilleuses propriétés de ce médi- cament contre les affections jes plus diverses, spécialement contre celles oij l'intensité de l'appareil fébrile, |ps oscillations des courbes thermiques, parfois la rapidité d'effervescenpe et de défervescence de la fièvre semblaient indiquer aux observateurs une certaine ana- logie symptomatique avec les fièvres perniciepses proprement dites. C'est à ces divers titres que la quinine a été administrée en France, surtout contre la fièvre typhoïde ; en Allemagne et en Russie, contre le typhus exanthématique et la fièvre récurrente. Le médi- cament a été, dans ces pays, employé tellement en dehors de la ligne d'aption qu'pn lui reconnaît dans les pays marécageux, que sa valeur thérapeutique n'y repose pas, aux yeux de certains ob- servateurs, §ur son action spéciale contre les fièvres intermittentes, mais bien plutôt sur son influence contre des maladies d'un tout autre genre, le rhumatisme articulaire par exemple, preuve évi- dente que ces observateurs n'ont pas eu occasion de l'employer contre les formes graves, pernicieuses, de l'intoxication palustre.

Dans la pratique, on a certainement raison de part et d'autre ; quand un médicament, aussi peu dangereux en somme dans ses doses efficaces que le sulfate de quinine, semble jouir d'une puis- sance thérapeutique quelconque contre telle ou telle affection, il ne faut pas en limiter l'emploi au traitement d'un seul groupe de ma- ladies -, mais de cette vulgarisation du remède il est advenu qu'au


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lieu de conserver, dans nos pays, la réputation de médicament spé- cifique qu'il a si bien méritée ailleurs, le quinquina a été rapproché des autres agents de la matière médicale jcuissant d'une action analogue, parfois supérieure à la sienne, dans la série des affections non palustres auxquelles on l'a opposé; n'ayant plus ici de vertu spéciale, il devait, à bon droit, subir une classification qui le rap- procherait ou ^éloignerait de certaines autres substances médica- menteuses agissant dans un sens analogue ou opposé au sien ; et comme c'est principalement aux maladies caractérisées par l'éléva- tion du pouls et de la température qu'il a semblé convenir, on l'a plus spécialement considéré comme un antifébrile.

Notons bien que cet emploi généralisé de la quinine a permis une étude bien plus complète de ses propriétés physiologiques et thérapeutiques.

Nous allons voir, en effet, dans un premier chapitre, qu'il est à peu près impossible aujourd'hui de bien déterminer les conditions auxquelles ce médicament doit son incomparable valeur, sa spéci- ficité thérapeutique contre les manifestations palustres ; tandis que nous constaterons plus loin que l'emploi clinique ou expérimental de la quinine contre les éléments généraux des maladies fébriles les plus variées, a permis de pousser à un degré plus avancé l'ana- lyse de son action sur chacun de ces éléments : troubles de la cir- culation, de la température, modification de la crase du sang, du développement et des fonctions des globules, altération des sé- crétions et de la nutrition, etc.


Voir aussi

Source sur Gallica 
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61364846