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	<title>Wicri Académies Grand Est - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7964</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-31T10:39:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* La rage en France */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au [[A pour pays cité::Canada]], grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en [[A pour région citée::Moselle (département)]], non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
en faveur du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''[[A pour revue citée::Recueil de Médecine Vétérinaire]]'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G.&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P.&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P.&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7963</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7963"/>
		<updated>2025-01-31T10:39:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* La rage en France */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au [[A pour pays cité::Canada]], grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en [[A pour région cité::Moselle (département)]], non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
en faveur du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''[[A pour revue citée::Recueil de Médecine Vétérinaire]]'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G.&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P.&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P.&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7962</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7962"/>
		<updated>2025-01-31T10:36:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* La rage en France */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au [[A pour pays cité::Canada]], grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en [[A pour régions cité::Moselle]], non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
en faveur du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''[[A pour revue citée::Recueil de Médecine Vétérinaire]]'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G.&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P.&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P.&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7961</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7961"/>
		<updated>2025-01-31T10:30:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Les arguments des opposants */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au [[A pour pays cité::Canada]], grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
en faveur du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''[[A pour revue citée::Recueil de Médecine Vétérinaire]]'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G.&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P.&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P.&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;small&amp;gt;{{Accès géographique}} &amp;gt; [[Amérique]] &amp;gt; [[Canada]]&amp;lt;hr/&amp;gt;&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
==Organisation administrative==&lt;br /&gt;
{{Palette-Canada}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Notes de gestion:&lt;br /&gt;
Ce pays a été signalée le [[A pour date de signalement::13 septembre 2024]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pays (pages)]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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		<updated>2025-01-31T10:19:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au [[A pour pays cité::Canada]], grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''[[A pour revue citée::Recueil de Médecine Vétérinaire]]'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G.&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P.&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P.&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7956</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7956"/>
		<updated>2025-01-31T10:18:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au [[A pour pays cité::Canada], grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''[[A pour revue citée::Recueil de Médecine Vétérinaire]]'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G.&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P.&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P.&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7955</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7955"/>
		<updated>2025-01-31T10:18:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au [[A pour pays cité:Canada], grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''[[A pour revue citée::Recueil de Médecine Vétérinaire]]'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G.&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P.&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P.&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7954</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7954"/>
		<updated>2025-01-31T10:18:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au [[A pour pays cité::Canada], grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''[[A pour revue citée::Recueil de Médecine Vétérinaire]]'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G.&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P.&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P.&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : Page créée avec « {{Wicri avertissement création lien}} ==Voir aussi== {{Wicri voir aussi, animal}} {{Wicri voir|référence=Animaux}} »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Wicri avertissement création lien}}&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
{{Wicri voir aussi, animal}}&lt;br /&gt;
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		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7946</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-31T09:46:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* La rage en France */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 [[A pour animal cité::chiens]] mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 [[A pour animal cité::Bovidae|bovins]] sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''Recueil de Médecine Vétérinaire'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. — &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G. —&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P. —&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P. —&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. — &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<updated>2025-01-31T09:37:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : Page créée avec « {{Wicri avertissement création lien}} ==Voir aussi== {{Wicri voir aussi, animal}} {{Wicri voir|référence=Animaux}} »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Wicri avertissement création lien}}&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
{{Wicri voir aussi, animal}}&lt;br /&gt;
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		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-31T09:36:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du [[A pour animal cité::renard]] est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; [[A pour pays cité::Australie]] et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 [[A pour animal cité::chat]] mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. ''Recueil de Médecine Vétérinaire'', 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[A pour auteur cité::Louis Andral|ANDRAL P.]]&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Erreur probable dans l'initiale du prénom.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. — &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G. —&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P. —&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P. —&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. — &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::30 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__SHOWFACTBOX__&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_36/N._1&amp;diff=7931</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 36/N. 1</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_36/N._1&amp;diff=7931"/>
		<updated>2025-01-31T08:42:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:ALS 1997 36 1.pdf|right|page=1|150px]]&lt;br /&gt;
Cette page introduit le numéro 1 du [[Collection ALS/Série 7/Tome 36|Tome 36]] de la [[Collection ALS/Série 7|série dénommée ici 7]] du :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a été publié en [[ALS/1997|1997]].&lt;br /&gt;
[[Fichier:ALS 1997 36 1.pdf|center|page=3|500px]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=ALS/1997&amp;diff=7930</id>
		<title>ALS/1997</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=ALS/1997&amp;diff=7930"/>
		<updated>2025-01-31T08:40:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine&lt;br /&gt;
|l1= [[ALS/1996|1996]] &amp;lt;= [[ALS/1997|1997]] =&amp;gt; [[ALS/1998|1998]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{|align=right&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|[[Fichier:ALS 1997 36 1.pdf|150px|right|page=1|link=Collection ALS/Série 7/Tome 36/N. 1]]&lt;br /&gt;
|[[Fichier:ALS 1997 36 2.pdf|150px|right|page=1]]&lt;br /&gt;
|[[Fichier:ALS 1997 36 3.pdf|150px|right|page=1]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
==Publications==&lt;br /&gt;
* [[Collection ALS/Série 7|Série 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 36|Tome 36]]&lt;br /&gt;
** [[Collection ALS/Série 7/Tome 36/N. 1|numéro 1]]&lt;br /&gt;
** [[Collection ALS/Série 7/Tome 36/N. 2|numéro 2]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
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		<updated>2025-01-31T08:39:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 36/N. 1</title>
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		<updated>2025-01-31T08:39:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : Page créée avec « {{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}  150px Cette page introduit le numéro 1 du Collection ALS/Série 7/Tome 36|Tom... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:ALS 1997 36 1.pdf|right|page=1|150px]]&lt;br /&gt;
Cette page introduit le numéro 1 du [[Collection ALS/Série 7/Tome 36|Tome 36]] de la [[Collection ALS/Série 7|série dénommée ici 7]] du :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a été publié en [[ALS/1997|1997]].&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 36</title>
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		<updated>2025-01-31T08:37:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : Page créée avec « {{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine   |l1= Tome 35 &amp;lt;= Tome 36 =&amp;gt; Collection ALS/Série 7... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine&lt;br /&gt;
  |l1= [[Collection ALS/Série 7/Tome 35|Tome 35]] &amp;lt;= [[Collection ALS/Série 7/Tome 36|Tome 36]] =&amp;gt; [[Collection ALS/Série 7/Tome 37|Tome 37]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
[[Fichier:ALS 1997 36 1.pdf|150px|right|page=1]]&lt;br /&gt;
Cette page introduit le Tome 36 de la [[Collection ALS/Série 7|série 7]] du :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il regroupe les fascicules publiés en [[ALS/1997|1997]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[/N. 1|numéro 1]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Fichier:ALS_1997_36_1.pdf&amp;diff=7925</id>
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		<updated>2025-01-31T08:35:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=ALS/1997&amp;diff=7923</id>
		<title>ALS/1997</title>
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		<updated>2025-01-31T08:27:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : Page créée avec « {{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine |l1= 1996 &amp;lt;= 1997 =&amp;gt; 1998 }} {|align=right |- |Fichier:ALS 1997 36 1.pdf|150px|right|... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine&lt;br /&gt;
|l1= [[ALS/1996|1996]] &amp;lt;= [[ALS/1997|1997]] =&amp;gt; [[ALS/1998|1998]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{|align=right&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|[[Fichier:ALS 1997 36 1.pdf|150px|right|page=1|link=Collection ALS/Série 7/Tome 36/N. 1]]&lt;br /&gt;
|[[Fichier:ALS 1997 36 2-3-4.pdf|150px|right|page=1]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
==Publications==&lt;br /&gt;
* [[Collection ALS/Série 7|Série 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 36|Tome 36]]&lt;br /&gt;
** [[Collection ALS/Série 7/Tome 36/N. 1|numéro 1]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7848</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7848"/>
		<updated>2025-01-30T15:07:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* BIBLIOGRAPHIE RECENTE */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. Recueil de Médecine Vétérinaire, 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. —&lt;br /&gt;
::Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — &lt;br /&gt;
::La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. — &lt;br /&gt;
::La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G. —&lt;br /&gt;
::Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P. —&lt;br /&gt;
::Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M.&lt;br /&gt;
::Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P. —&lt;br /&gt;
::La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. — &lt;br /&gt;
::La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7843</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7843"/>
		<updated>2025-01-30T14:49:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. Recueil de Médecine Vétérinaire, 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn.&lt;br /&gt;
des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir&lt;br /&gt;
de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
BRION A. — La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G. — Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,&lt;br /&gt;
1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
GORET P. — Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M. Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de&lt;br /&gt;
Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LEPINE P. — La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -&lt;br /&gt;
1388.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. — La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7840</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7840"/>
		<updated>2025-01-30T14:42:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rage.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise. Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs arguments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appelle t-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer l' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulence pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . &lt;br /&gt;
::Limites du diagnostic de la rage au laboratoire. Recueil de Médecine Vétérinaire, 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn.&lt;br /&gt;
des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2, 14-21.&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir&lt;br /&gt;
de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
BRION A. — La rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309.&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G. — Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,&lt;br /&gt;
1968 , 5-8.&lt;br /&gt;
GORET P. — Conférence sur la rage donnée à Metz, le 12 octobre 1968.&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M. Pratique du diagnostic actuel de la rage. Revue de&lt;br /&gt;
Médecine Vétérinaire 1968 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
LEPINE P. — La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France, 1968, 75, 1379 -&lt;br /&gt;
1388.&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J. — La rage fait son apparition en France. Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968  n° 2, 5. H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin/PDF&amp;diff=7837</id>
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		<updated>2025-01-30T14:14:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Article en mode image */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette page donne une version image de l'article « [[../|A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?]] ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Article en mode image==&lt;br /&gt;
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[[Fichier:ALS_1969_8-1_1.pdf|center|page=21|800px]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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		<updated>2025-01-30T14:14:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Article en mode image */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette page donne une version image de l'article « [[../|A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?]] ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Article en mode image==&lt;br /&gt;
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		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin/PDF&amp;diff=7835</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin/PDF</title>
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		<updated>2025-01-30T14:13:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Article en mode image */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette page donne une version image de l'article « [[../|A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?]] ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Article en mode image==&lt;br /&gt;
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		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7834</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7834"/>
		<updated>2025-01-30T14:10:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Conclusion */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs argu^&lt;br /&gt;
ments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appellet-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer 1' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulance pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
===BIBLIOGRAPHIE RECENTE===&lt;br /&gt;
ATANASIU P., GAMET A. et GUILLON J.-C . Limites du diagnostic de la rage a u&lt;br /&gt;
laboratoire. Recueil de Médecine Vétérinaire, 1968 , CXLIV , 1083-1087 .&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — Diagnostic clinique de la rage et conduite à tenir. Inf. Techn.&lt;br /&gt;
des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2 , 14-21 .&lt;br /&gt;
ANDRAL P. — La rage . Epidémiologie. Prophylaxie. Sera-t-il possible de sortir&lt;br /&gt;
de l'impasse. Bull. Acad. Vét. 1968 , XLI, 225 .&lt;br /&gt;
BRION A. — L a rage chez les animaux. Méd. et Hygiène, 1966 , 24 , 307-309 .&lt;br /&gt;
FLUCKIGER G. — Adaptation accrue du virus de la rage au renard. Le chien,&lt;br /&gt;
1968 , 5-8 .&lt;br /&gt;
GORET P. — Conférence sur la rage donnée à Metz, le 1 2 octobre 1968 .&lt;br /&gt;
JOUBERT L. et LOMBARD M. Pratique du diagnostic actuel de la rage . Revue de&lt;br /&gt;
Médecine Vétérinaire 196 8 ; CXIX , 1041-1056 .&lt;br /&gt;
LEPINE P. — La rage, maladie actuelle. Gaz. Méd. de France , 1968 , 75 , 1379 -&lt;br /&gt;
1388 .&lt;br /&gt;
SANTAMARIA J . — La rage fait son apparition en France . Inf. Techn. des Directions des Services Vétérinaires, 1968 , n° 2 , 5 . H.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7833</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7833"/>
		<updated>2025-01-30T14:10:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Conclusion */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs argu^&lt;br /&gt;
ments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appellet-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer 1' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulance pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|21}}{{Corps article/Numéro Page droite|20}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7832</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7832"/>
		<updated>2025-01-30T14:09:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Les arguments des opposants */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs argu^&lt;br /&gt;
ments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appellet-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer 1' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulance pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
pour des raisons humanitaires, il est indispensable d'arriver à l'éradication de la maladie ou si on n'y arrive pas totalement, à son maintien à&lt;br /&gt;
un niveau si bas qu'il soit « statistiquement » négligeable. C'est une&lt;br /&gt;
chance que nous pouvons avoir, saisissons-la. Nous nous refusons à&lt;br /&gt;
envisager l'avenir avec la rage endémique.&lt;br /&gt;
===La conservation des autres carnivores autochtones===&lt;br /&gt;
Nous n'avons jusqu'ici parlé que du renard, parce qu'il est le propagateur de la maladie, mais il existe dans nos pays d'autres espèces&lt;br /&gt;
carnivores autochtones que les campagnes de destruction du renard&lt;br /&gt;
vont également décimer. Les appâts quel qu'en soit le support, viande&lt;br /&gt;
hachée ou poussin, sont attractifs d'abord pour les carnivores et secondairement pour les omnivores.&lt;br /&gt;
Chez les carnivores, le blaireau et le chat sauvage méritent une&lt;br /&gt;
attention toute particulière. Il est bien évident, et personne ne songe à&lt;br /&gt;
le contester que ces carnivores vont être attirés par les appâts empoisonnés et payeront leur tribut à la campagne antirenard. Le blaireau&lt;br /&gt;
doit être conservé et le chat sauvage, le vrai bien entendu, qui devient&lt;br /&gt;
toujours plus rare dans nos régions doit l'être également ; or le poisin&lt;br /&gt;
est aveugle. Pourquoi ne pas constituer de petites réserves de ces espèces qui seraient ensuite relâchées dans la nature une fois la campagne&lt;br /&gt;
de destruction terminée ? Sans se dissimuler ici les risques courus par&lt;br /&gt;
ces sujets qui auraient reçu un commencement de domestication.&lt;br /&gt;
Pour le renard, des gens très sérieux (et je me songe pas à me&lt;br /&gt;
moquer d'eux) ont proposé de les vacciner contre la rage ; la vaccination par aérosols semblerait la plus adéquate ; il ne resterait qu'à réunir&lt;br /&gt;
les renards à vacciner et à procéder à l'opération ; qui prendrait à sa&lt;br /&gt;
charge le financement de la vaccination des renards ? autant de difficultés à vaincre que pour notre part nous ne croyons pas utile de soulever.&lt;br /&gt;
Il est effectivement bien certain que l'éradication du renard sera assez&lt;br /&gt;
incomplète pour que chez nous, comme dans d'autres pays, la population vulpine se reconstitue en quelques années, mais ne soit plus&lt;br /&gt;
porteuse du virus. C'est du moins ce qu'il faut bien espérer.&lt;br /&gt;
===Conclusion===&lt;br /&gt;
Il est très facile de prédire l'insuccès dans la lutte contre la rage et&lt;br /&gt;
d'en prendre prétexte pour ne rien faire ; plus difficile est de poursuivre&lt;br /&gt;
un but, malgré les sarcasmes et les accusations diverses. Or ce but, rappelons-le en terminant, c'est l'éradication d'une terrible zoonose, une&lt;br /&gt;
encéphalite mortelle, commune à l'homme et aux animaux. Toute négligence en ce domaine peut amener des catastrophes, il serait criminel&lt;br /&gt;
de se croiser les bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7830</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7830"/>
		<updated>2025-01-30T14:08:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Les arguments des opposants */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs argu^&lt;br /&gt;
ments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appellet-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer 1' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulance pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|20}}{{Corps article/Numéro Page droite|19}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7828</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7828"/>
		<updated>2025-01-30T14:07:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Les arguments des opposants */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs argu^&lt;br /&gt;
ments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appellet-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer 1' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
aspiration se ferait dans toutes les directions et que des sujets venant&lt;br /&gt;
du sud ou de l'ouest, indemne ou presque participeraient à la migration&lt;br /&gt;
de repopulation. Ainsi donc ferait-on baisser le nombre des renards&lt;br /&gt;
enragés, dans une population elle-même diminuée. Je dis bien « faire&lt;br /&gt;
baisser » car ce n'est pas autre chose qui importe.&lt;br /&gt;
L'équilibre biologique naturel sera détruit. Ne l'est-il pas déjà,&lt;br /&gt;
EN FAVEU R du renard qui s'est multiplié aux dépens fatalement&lt;br /&gt;
d'autres espèces ? D'une rupture d'équilibre par excès de renards on&lt;br /&gt;
passera à une rupture par déficit de renards. Où est le mal ? D'ailleurs&lt;br /&gt;
il n'est pas dit que l'on aboutira à une rupture réelle de l'équilibre biologique. Aux U.S.A. l'équilibre biologique s'établit avec un renard par&lt;br /&gt;
mille carré ; à ce taux, notre Carnivore joue encore son rôle primordial&lt;br /&gt;
qui est celui d'agent sanitaire des populations animales sauvages : il&lt;br /&gt;
détruit les sujets malades et fait disparaître les cadavres. Il se créera&lt;br /&gt;
chez nous, si besoin est, un nouvel équilibre très voisin du précédent.&lt;br /&gt;
La destruction du renard sera inopérante et la maladie continuera&lt;br /&gt;
de régner chez nous. L'argument, bien que théorique et réfuté d'avance&lt;br /&gt;
par les chiffres provenant des pays où la lutte, bien menée, s'est avérée&lt;br /&gt;
efficace, mérite qu'on s'y attarde. Le virus rabique, disent les tenants de&lt;br /&gt;
cette opinion, ne sera plus hébergé et propagé par le renard, mais par&lt;br /&gt;
d'autres espèces, de plus petite taille, moins visibles et moins faciles à&lt;br /&gt;
éviter ; il ne manque évidemment pas de rongeurs à proposer dans ce&lt;br /&gt;
but. Outre que ce raisonnement me paraît par trop empreint de finalisme, il ne me semble pas contraignant. La rage n'est pas un mal dont&lt;br /&gt;
à tout prix nous devrions être menacés et la plasticité des virus, s'adaptant et renforçant leur virulance pour une espèce donnée par passages&lt;br /&gt;
successifs sur cette même espèce, me semble bien incapable de faire&lt;br /&gt;
face, sans délai de latence, à une destruction de l'espèce actuellement&lt;br /&gt;
la plus sensible. Que cette évolution ne soit pas impossible, dans les&lt;br /&gt;
conditions naturelles c'est tout à fait vrai, mais que le virus se modifie&lt;br /&gt;
tout à coup pour obvier à une raréfaction brutale du renard me paraît&lt;br /&gt;
improbable.&lt;br /&gt;
L'éradication de la rage est tout à [ait inutile. Bien entendu personne n'est allé jusque-là ! Je ne voudrais faire de peine à personne,&lt;br /&gt;
mais je pourrais citer des phrases où cette donnée transparaît ! Je me&lt;br /&gt;
demande si nous parlons tous bien le même langage... car enfin la rage&lt;br /&gt;
est une maladie atroce qui, une fois déclarée se poursuit inéluctablement&lt;br /&gt;
vers la mort ou, dans les meilleurs cas, vers la paralysie générale. Il&lt;br /&gt;
faut avoir vu des mammifères enragés pour se représenter ce que la&lt;br /&gt;
rage peut être dans notre espèce. Pour ne parler que des animaux&lt;br /&gt;
domestiques, les pertes économiques sur les bovins, victimes principales&lt;br /&gt;
de la rage, ne sont pas négligeables. Pour des raisons économiques et&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7826</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7826"/>
		<updated>2025-01-30T14:07:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs argu^&lt;br /&gt;
ments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appellet-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer 1' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|19}}{{Corps article/Numéro Page droite|18}}&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7824</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7824"/>
		<updated>2025-01-30T14:05:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
contraire les vestiges de la ligne Maginot offrent au renard de multiples possibilités de terriers. Il semble pourtant qu'inexplicablement la&lt;br /&gt;
rage ait marqué le pas avant de pénétrer en France !&lt;br /&gt;
En mars de cette année pourtant, le premier cas était diagnostiqué&lt;br /&gt;
chez nous. Le département de la Moselle jouit d'un statut local de la&lt;br /&gt;
chasse qui n'est pas sans rappeler celui de l'Allemagne. N'ont le droit&lt;br /&gt;
de chasse que les propriétaires de 25 hectares d'un seul tenant et ceux&lt;br /&gt;
qui louent les droits de chasse communaux. Le nombre des fusils est&lt;br /&gt;
donc très réduit. Le renard pullule littéralement, d'autant que sa fourrure n'est plus prisée du tout. On avance prudemment le chiffre de plusieurs renards à l'hectare en moyenne dans le département de la&lt;br /&gt;
Moselle.&lt;br /&gt;
Ainsi s'explique l'extension de la maladie pour laquelle nous avons&lt;br /&gt;
cité des chiffres officiels.&lt;br /&gt;
Que faut-il faire ? Bien évidemment et sans hésiter : détruire systématiquement le renard ; c'est mon opinion, c'est celle du Syndicat des&lt;br /&gt;
Vétérinaires de la Moselle ; c'est celle de gens que l'on peut considérer&lt;br /&gt;
comme des spécialistes en la matière. La destruction peut se faire par&lt;br /&gt;
la pose d'appâts empoisonnés ou par le gazage des terriers ; la seconde&lt;br /&gt;
méthode est la plus difficile à réussir ; c'est donc la première qui est&lt;br /&gt;
préférée mais c'est peut-être une erreur ?&lt;br /&gt;
Une campagne de destruction du renard dans 100 communes du&lt;br /&gt;
département a été réalisée. Des « gobes » empoisonnées à la strychnine&lt;br /&gt;
ont été posées. Nous n'avons pas encore à cette date les résultats de&lt;br /&gt;
l'opération.&lt;br /&gt;
===Les arguments des opposants===&lt;br /&gt;
Alors s'élèvent des voix contradictoires ! Ce sont celles des amis de&lt;br /&gt;
la nature, des naturalistes et des zoologistes. Quels sont leurs argu^&lt;br /&gt;
ments ? Nous mettons délibérément de côté tous les arguments sentimentaux et les assertions non scientifiques.&lt;br /&gt;
Selon les défenseurs du renard la destruction de cette espèce va&lt;br /&gt;
créer un vide biologique, détruire l'équilibre biologique actuel ; cette&lt;br /&gt;
destruction sera incapable de nous débarrasser de la rage et enfin, supposé qu'elle soit capable, e//e est inutile.&lt;br /&gt;
La destruction du renard va créer un vide biologique ; ainsi appellet-on l'absence soudaine d'une espèce animale autrefois présente dans&lt;br /&gt;
une région donnée. Ce vide va provoquer 1' « appel » d'individus de la&lt;br /&gt;
même espèce qui réoccuperont le terrain vide. Dans notre cas, des&lt;br /&gt;
renards viendraient donc du Nord et ce seraient, ce risquerait d'être, à&lt;br /&gt;
nouveau des renards enragés ; mais convenez tout de même que cette&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7822</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7822"/>
		<updated>2025-01-30T14:04:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|18}}{{Corps article/Numéro Page droite|17}}&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7818</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7818"/>
		<updated>2025-01-30T13:59:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
===Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?===&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7817</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7817"/>
		<updated>2025-01-30T13:58:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* La rage en France */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
==Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?==&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7816</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-30T13:57:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* La rage en France */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
rage du chien. On a même forgé pour elle un nouveau qualificatif, celui&lt;br /&gt;
de rage selvatique (que pour ma part j'appellerai toujours sylvatique me&lt;br /&gt;
référant au latin et non au portugais, comme le fait l'O.S.M.) ; la rag.:&lt;br /&gt;
des bois. Avec les mesures de police sanitaire, l'élévation du niveau de&lt;br /&gt;
vie et les progrès de l'hygiène, ce n'est plus le chien qui est le vecteur&lt;br /&gt;
de la rage en Europe, nous l'avons dit ; c'est le renard ; c'est aussi le&lt;br /&gt;
loup dans les pays où il subsiste.&lt;br /&gt;
Des faits, des chiffres, viennent appuyer cette assertion. Que ces&lt;br /&gt;
chiffres et ces faits soient contestés par certains défenseurs du renard,&lt;br /&gt;
à supposer qu'ils en aient connaissance, n'enlève rien à leur valeur&lt;br /&gt;
probante.&lt;br /&gt;
Voyons donc ce qui s'est passé dans d'autres pays civilisés. En Bulgarie en 1946, 2.286 animaux domestiques étaient atteints de la rage.&lt;br /&gt;
Il a fallu vacciner préventivement, c'est-à-dire après contact infectant,&lt;br /&gt;
14.C48 personnes ; la destruction du renard et du loup a été ordonnée.&lt;br /&gt;
De 1949 à 1954 ont été exterminés 6.990 loups et 192.880 renards. En&lt;br /&gt;
1955-1596 on ne notait plus dans ce pays que 10 cas de rage canine&lt;br /&gt;
et encore, ces cas se situaient tous près de la frontière d'un autre pays&lt;br /&gt;
contaminé. Depuis la population vulpine est redevenue normale.&lt;br /&gt;
Au Danemark, la rage est apparue en 1964 venant d'Allemagne.&lt;br /&gt;
Une vaste campagne de destruction du renard et du blaireau s'engage.&lt;br /&gt;
On estime que 50 % des effectifs de ces espèces ont été détruits. Le&lt;br /&gt;
Danemark est exempt de rage depuis 1966 et l'est demeuré depuis.&lt;br /&gt;
Devant ces exemples on peut donc se demander comme il se fait&lt;br /&gt;
que l'Allemagne (RFA et RDA ) se soit laissé envahir par la rage et&lt;br /&gt;
qu'elle la tolère à l'état enzootique sur son territoire. Deux facteurs&lt;br /&gt;
dans ce pays ont joué contre la destruction du renard. D'abord l'organisation de la chasse qui est réservée sur de très grandes surfaces que&lt;br /&gt;
les locataires ou propriétaires ne peuvent matériellement pas prospecter systématiquement pour détruire les renards et où personne ne peut&lt;br /&gt;
intervenir à leur place, le locataire ou propriétaire d'une chasse étant&lt;br /&gt;
maître chez lui. En second lieu l'amour de la nature, poussé au romantisme chez nos voisins, leur interdit d'envisager la destruction systématique d'une quelconque espèce sauvage. Quelques timides campagnes&lt;br /&gt;
de destruction du renard ont bien été faites en Allemagne, sur une&lt;br /&gt;
échelle beaucoup trop restreinte pour avoir quelqu'efficacité ; mais répétons-le, aucune action d'envergure n'a été entreprise.' Dans ce vaste&lt;br /&gt;
pays la rage s'est propagée d'Est en Ouest à partir de la Pologne et&lt;br /&gt;
vraisemblablement de l'U.R.S.S., à la vitesse de 30 à 40 kilomètres&lt;br /&gt;
par an.&lt;br /&gt;
Entre l'Allemagne et la France, la frontière en Moselle est une&lt;br /&gt;
pure ligne théorique, sans défense naturelle contre le renard ; bien au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7813</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7813"/>
		<updated>2025-01-30T13:53:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7812</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-30T13:51:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
* 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
* 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
* 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
* 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
* 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
* 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
* 12 décembre 1968&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin/PDF&amp;diff=7809</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin/PDF</title>
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		<updated>2025-01-30T13:47:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : /* Article en mode image */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette page donne une version image de l'article « [[../|A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?]] ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Article en mode image==&lt;br /&gt;
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[[Fichier:ALS_1969_8-1_1.pdf|center|page=14|800px]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;span id=&amp;quot;Page 15&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:ALS_1969_8-1_1.pdf|center|page=15|800px]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;span id=&amp;quot;Page 16&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:ALS_1969_8-1_1.pdf|center|page=16|800px]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7808</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7808"/>
		<updated>2025-01-30T13:45:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
===La rage en France===&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
* 12 décembre 1968&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|17}}{{Corps article/Numéro Page droite|16}} &lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7799</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-30T10:38:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
La rage en France&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce &amp;lt;big&amp;gt;jour&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
12 décembre 1968&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; on a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
* 12 décembre 1968 &lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7798</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-30T10:36:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
La rage en France&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce jour * on&lt;br /&gt;
a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
 20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
 3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
 1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
 25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
 2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
 1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
injection le 30e&lt;br /&gt;
jour et une 16e&lt;br /&gt;
le 90e&lt;br /&gt;
jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
* 12 décembre 1968 &lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7797</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7797"/>
		<updated>2025-01-30T10:34:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;&amp;gt;Les notes de bas de page sont regroupées en fin d'article.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
La rage en France&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|16}}{{Corps article/Numéro Page droite|15}}&lt;br /&gt;
1968 cette virose a fait son apparition en Moselle, non loin de la frontière allemande à Montenach, près de Thionville. Elle s'est ensuite&lt;br /&gt;
avancée lentement à l'intérieur de notre département dans un triangle&lt;br /&gt;
formé par Thionville et Boulay au nord, et Vigy au sud. A ce jour * on&lt;br /&gt;
a dénombré les cas suivants, confirmés par le laboratoire de l'Institut&lt;br /&gt;
Pasteur :&lt;br /&gt;
20 renards positifs sur 56 examinés&lt;br /&gt;
3 chiens mordeurs, positifs sur 29 examinés&lt;br /&gt;
1 chat mordeur positif sur 10 examinés&lt;br /&gt;
25 bovins sur 32 examinés&lt;br /&gt;
2 chevreuils sur 6 examinés&lt;br /&gt;
1 lièvre sur 7 examinés.&lt;br /&gt;
Par ailleurs il n'est pas négligeable de noter que ces divers cas&lt;br /&gt;
ont nécessité le traitement préventif de 70 personnes au moins. Or&lt;br /&gt;
quand on sait que le traitement préventif, nécessaire après exposition&lt;br /&gt;
au virus, comporte 14 injections sous-cutanées journalières de vaccin&lt;br /&gt;
phéniqué, puis une 15e&lt;br /&gt;
 injection le 30e&lt;br /&gt;
 jour et une 16e&lt;br /&gt;
 le 90e&lt;br /&gt;
 jour, on&lt;br /&gt;
apprécie mieux qu'il ne s'agit pas d'un traitement facile, banal, peu&lt;br /&gt;
douloureux, sans inconvénient et sans danger.&lt;br /&gt;
Qu'a-t-on fait, que peut-on faire ?&lt;br /&gt;
Tout d'abord les autorités supérieures n'ont pas vu, malgré les&lt;br /&gt;
avertissements des services vétérinaires, le danger de l'épizootie. Dans&lt;br /&gt;
un second temps, quand ce danger fut perçu, la tendance prévalut de&lt;br /&gt;
penser que la rage étant d'abord une maladie animale (et Dieu merci&lt;br /&gt;
elle l'est restée jusqu'ici dans notre pays) elle était du ressort des vétérinaires. Certes la rage est une affaire vétérinaire dans son premier&lt;br /&gt;
stade, le stade de l'infection animale ; c'est bien au vétérinaire que l'on&lt;br /&gt;
est heureux de pouvoir s'adresser pour faire le diagnostic clinique lorsqu'il est possible, pour effectuer les prélèvements et les envoyer aux&lt;br /&gt;
laboratoires spécialisés. C'est aux vétérinaires qu'incombe la tâche de&lt;br /&gt;
faire l'éducation du public sur les mesures à prendre en cas de maladie&lt;br /&gt;
d'un animal domestique, de façon à éviter la contamination des humains&lt;br /&gt;
qui le soignent, qui le transportent, etc.. C'est aux vétérinaires enfin&lt;br /&gt;
que revient l'information de l'administration préfectorale ou ministérielle sur les mesures générales à prendre pour limiter l'extension et&lt;br /&gt;
finalement aboutir à l'éradication de cette maladie humaine et animale.&lt;br /&gt;
Quels sont les moyens qui sont préconisés. Ils sont simples dans&lt;br /&gt;
leur principe. Il est établi d'une façon évidente qu'actuellement la rage&lt;br /&gt;
n'est plus celle du temps de Pasteur, je veux dire la rage des rues, la&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7794</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-30T10:27:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
dessèchement de la salive infectée. Bien qu'on puisse noter des variations du pouvoir pathogène selon les sources de virus étudiées, aucune&lt;br /&gt;
épreuve sérologique ne permet de les distinguer entre elles.&lt;br /&gt;
La transmission du virus se fait par la salive d'un animal infecté,&lt;br /&gt;
c'est-à-dire qu'il faut une morsure par le sujet rabique ou à la rigueur&lt;br /&gt;
la contamination d'une plaie préexistante par sa salive. La transmission&lt;br /&gt;
par voie aérienne a été définitivement prouvée aux U.S.A. en 1962.&lt;br /&gt;
C'est le renard au premier chef qui joue le grand rôle en Europe&lt;br /&gt;
en tant que réservoir naturel du virus et qu'agent de sa diffusion.&lt;br /&gt;
Les seules lésions de la maladie se situent dans le système nerveux&lt;br /&gt;
central où le virus pénètre en suivant le trajet des nerfs afférents, en&lt;br /&gt;
partant du point d'inoculation. C'est ce qui explique en particulier les&lt;br /&gt;
variations que l'on connaît de la durée d'incubation après infection&lt;br /&gt;
locale, selon que le point d'entrée dans l'organisme se situe près ou loin&lt;br /&gt;
de l'encéphale.&lt;br /&gt;
L'anatomie pathologique permet de détecter des corps d'inclusion&lt;br /&gt;
dans les cellules nerveuses du système nerveux central et notamment&lt;br /&gt;
dans les cornes d'Ammon. C'est là le moyen de diagnostic post-mortem&lt;br /&gt;
le plus valable.&lt;br /&gt;
Je n'insisterai pas sur les symptômes de la maladie dans les diverses espèces animales, me contentant de vous donner quelques indications très générales. Le premier signe, le plus constant sans doute mais&lt;br /&gt;
le plus difficile à interpréter, est la modification du comportement habituel d'un animal. Le renard, de peureux qu'il est habituellement, devient&lt;br /&gt;
hardi, il s'approche des humains, des animaux, des habitations ; il a&lt;br /&gt;
perdu pourrait-on dire, son instinct de conservation et ne respecte plus&lt;br /&gt;
sa « distance de fuite » spécifique.&lt;br /&gt;
Le chien paraît frappé d'aliénation, il ne connaît plus son maître.&lt;br /&gt;
Ensuite apparaissent, différemment selon l'espèce, des signes d'agressivité ou de fureur de mordre, enfin les paralysies s'installent et la mort&lt;br /&gt;
résulte de la paralysie des muscles respiratoires.&lt;br /&gt;
Le traitement est inexistant.&lt;br /&gt;
La rage en France&lt;br /&gt;
Libéré pratiquement depuis plus de soixante années et définitivement depuis &amp;lt;big&amp;gt;1929&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si l'on excepte toutefois : 1 ° le cas de rage canine du mois d'août 195 6&lt;br /&gt;
dans les Hautes-Pyrénées et la petite enzootie qui lui lit suite en 1956 : z°) le&lt;br /&gt;
cas de rage canine de 1969 dans le Morbihan (le chien avait été en vacances dans&lt;br /&gt;
le Sud-Ouest) et 3° ) le cas de rage de septembre 1963 dans la Marne sur un&lt;br /&gt;
chien venant d'Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; notre pays connaît à nouveau la rage. Le 26 mars&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7793</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
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		<updated>2025-01-30T10:23:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. [[A pour pays cité::Union européenne|L'Europe occidentale]], y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|15}}{{Corps article/Numéro Page droite|14}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7783</id>
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		<updated>2025-01-30T09:53:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Europe|texte=L'Europe }}&lt;br /&gt;
occidentale, y compris {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Royaume-Uni|texte=la Grande-Bretagne }} et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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		<updated>2025-01-30T09:51:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. {{Wicri lien avec icône|wiki=Europe|page=Europe|texte=L'Europe }}&lt;br /&gt;
occidentale, y compris la Grande-Bretagne et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7780</id>
		<title>Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1/Villemin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wicri-demo.istex.fr/Wicri/Europe/France/GrandEst/SocGrandEst/fr/index.php?title=Collection_ALS/S%C3%A9rie_7/Tome_8/N._1/Villemin&amp;diff=7780"/>
		<updated>2025-01-30T09:49:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Maël Henry-Schwarz : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{ALS/Bulletin/En-tête|association=Lorraine}}&lt;br /&gt;
{{Titre page article&lt;br /&gt;
 |titre=A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Boîte bibliographique droite|&lt;br /&gt;
:'''Titre''' : [[A pour titre::A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ? ]]&lt;br /&gt;
:'''Auteur''' : [[A pour premier auteur::Martial Villemin]]&lt;br /&gt;
:'''In''' : [[Est dans la revue::Bulletin de l'Académie lorraine des sciences]], [[Collection ALS/Série 7|Tome 7]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8|Tome 8]], [[Collection ALS/Série 7/Tome 8/N. 1|numéro 1]].&lt;br /&gt;
:'''Dates''': création : [[A pour date de création::1969]], mise en lecture [[A pour date de mise en lecture::29 janvier 2025]]&lt;br /&gt;
:'''En ligne''' : [https://als.univ-lorraine.fr/wp-content/uploads/bulletin/ALS_1973_11_4.pdf sur le site de l'ALS]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
__TOC__&lt;br /&gt;
==A propos de la rage en Moselle, la destruction du renard est-elle nécessaire ?==&lt;br /&gt;
{{Corps article/Début}}&lt;br /&gt;
{{Corps article/Page PDF|ALS_1969_8-1_1.pdf|14}}{{Corps article/Numéro Page droite|13}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;center&amp;gt;A propos de la rage en Moselle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;la destruction du renard est-elle nécessaire ?&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Note présentée à la séance du 13 décembre 1968.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;big&amp;gt;Martial Villemin&amp;lt;ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Docteur-vétérinaire, membre correspondant de l'Académie Vétérinaire&lt;br /&gt;
de France.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;/big&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;/center&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rage est une encéphalite à virus qui est commune à tous les animaux à sang chaud, hormis peut-être l'opossum. Elle existe dans toutes&lt;br /&gt;
les parties du monde, certaines îles exceptées, où les mesures de police&lt;br /&gt;
sanitaire vétérinaires sont plus faciles à appliquer ; {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Australie|texte=l'Australie }} et {{Wicri lien avec icône|wiki=Océanie|page=Nouvelle-Zélande|texte=la Nouvelle Zélande }} par exemple en sont totalement exemptes. L'Europe&lt;br /&gt;
occidentale, y compris la Grande-Bretagne et la Scandinavie en étaient&lt;br /&gt;
complètement libérées. Par contre la maladie est en zootique dans la&lt;br /&gt;
plus grande partie des U.S.A., surtout dans les Etats de l'est et du&lt;br /&gt;
sud ; la rage humaine dans ces régions pose un problème inquiétant.&lt;br /&gt;
Elle a fait son apparition ces dernières années au Canada, grâce aux&lt;br /&gt;
migrations des renards ; elle a été diagnostiquée peur la première fois&lt;br /&gt;
au Groenland en 1960. Le continent africain, avec le relâchement des&lt;br /&gt;
mesures sanitaires vétérinaires qu'imposaient les états colonisateurs,&lt;br /&gt;
connaît lui aussi une grande diffusion de la maladie animale et, par&lt;br /&gt;
voie de conséquence, humaine. En Asie la fréquence peut atteindre&lt;br /&gt;
50 % des populations canines. Le Japon a été le seul pays asiatique à&lt;br /&gt;
éradiquer la maladie par des mesures de police sanitaire très strictes et&lt;br /&gt;
la destruction des animaux sauvages, mais le Japon est une île.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'Europe nous parlerons plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le virus rabique est un virus véritablement neurotrope, ou du moins&lt;br /&gt;
se présente-t-il actuellement comme tel. Cependant si l'on considère le&lt;br /&gt;
cas particulier des chéiroptères, de certains d'entre eux en tous cas, on&lt;br /&gt;
constate que chez ces animaux le virus se comporte comme un simple&lt;br /&gt;
virus salivaire non pathogène ; les sujets infectés sont porteurs du&lt;br /&gt;
virus qu'ils excrètent avec leur salive, sans présenter eux-mêmes l'infection neurotrope ; ce virus peut créer la maladie chez n'importe quelle&lt;br /&gt;
autre espèce animale qui s'en trouve infectée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est un virus de grosse taille et relativement fragile ; il est sensible&lt;br /&gt;
à la plupart des désinfectants et il ne survit que de quelques heures au&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Notes originales===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{Corps article/Fin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Voir aussi==&lt;br /&gt;
* [[/PDF|L'article en mode image]]&lt;br /&gt;
;Notes de la rédaction:&lt;br /&gt;
&amp;lt;references group=&amp;quot;NDLR&amp;quot;/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--&lt;br /&gt;
;Informations de gestion:&lt;br /&gt;
* [[A pour date de mise en lecture::14 décembre 2024]]&lt;br /&gt;
--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Maël Henry-Schwarz</name></author>
		
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